LA GRANDE ESCALE

Pôle culturel Dahla

De la constellation au jardin…
..un cheminement de la géographie à l’histoire

 

 Le jardin « soulève » le musée

Inscrit dans le cœur de la corniche de Dakhla dans un tissu où les murs de clôture fabriquent un alignement urbain sévère, le projet se suspend pour donner un espace public généreux et ouvert sur la ville. L’urbanité et le paysage sont invités par le jardin issu du soulèvement du plateau des expositions. Le grand volume de l’étage porte le programme face à l’océan et le révèle aux regards lointains.

Au sol, le café, l’accueil, la boutique, la logistique ancre le musée à l’espace public. Le cheminement qui s’élève ensuite de l’accueil vers les expositions, tourne autour de l’espace dédié aux expositions temporaires qui « flotte » dans cet entre-deux entre espace public et espace muséal. Cette présence singulière des expositions temporaire l’inscrit dans cette ascension, véritable promenade architecturale.

Le projet, présence monolithique suspendue, tient l’espace public en se mettant à l’alignement de l’avenue et de la rue, et se désagrège à mesure que l’on traverse la parcelle. Cette polarité oriente fortement le projet. A l’angle des voies on trouve les espaces ouverts et publics du café et de l’accueil et en fond de parcelle l’accès  à l’administration et aux espaces logistiques.

Bien que d’une grande simplicité matérielle et tectonique la Grande Escale affirme sa présence dans le tissu urbain de Dakhla par sa couleur blanche qui travaille autant avec la lumière crue du désert qu’avec l’océan pour l’inscrire dans cette identité propre du grand désert marocain.

La constellation ou le bâtiment comme paysage

Les peuples du désert comme les marins s’orientent grâce aux astres. La constellation, figure immuable et éternelle, est le seul véritable ancrage dans un territoire horizontal et continu en constante transformation. Ces arrangements d’étoiles fabriquent des images spécifiques, des repères dans le temps et l’espace. La Grande Escale est fabriquée comme une constellation, un outil de cheminement architectural et personnel. Le musée est entre le sol (urbain) et le ciel (infini). Parenthèse suspendue, c’est un cheminement dans la géographie et l’histoire de ce grand territoire.

La toiture conçue comme un paysage construit, fait traverser une lumière contrôlée et cheminer l’eau. En bout du parcours de l’expérience muséale elle se met face à l’horizon infini de l’océan.

Le jour, l’ombre et la lumière qui traverse le plateau des expositions fabrique un espace public protégé et désirable; la nuit la lumière émane du musée et marque la présence de cette constellation urbaine. En ceci la figure du projet est à la fois un tissu urbain qui dialogue avec la ville et son échelle, et un territoire géographique infini.